FAQ

Questions – réponses sur le dépistage de la surdité chez les nouveau-nés

Comment être sûr(e) que mon enfant entend bien?
Je ne suis pas sourd(e). Mon enfant peut-il l’être ?
Pourquoi proposer un test de dépistage de la surdité à mon bébé ?
Où se pratique le test de dépistage de la surdité ?
Comment se déroule le test ? Mon enfant aura-t-il mal ?
Qui va pratiquer le test ?
Qu’est-ce qu’un test "refer", un test "pass" ?
Le deuxième test est positif. Que va-t-il se passer ?
Combien cela va-t-il me coûter ?
Les résultats du test sont-ils définitifs?
Quelles démarches entreprendre si mon enfant n’a pas reçu le test à la maternité ?
Mon bébé peut-il recevoir le test plus tard ?
Suis-je obligé d’accepter le test pour mon bébé ?
Si mon enfant est dépisté très tôt, pourra-t-on guérir sa surdité ?
Mon enfant est sourd. Comment communiquer avec lui ?
Mon enfant sourd pourra-t-il aller à l’école ?


Comment être sûr(e) que mon enfant entend bien?
Seul un test de l'audition peut vous indiquer si votre enfant est sourd ; il est pratiquement impossible de poser un diagnostic de surdité de manière spontanée. En effet, lorsqu'un bébé est sourd, il développera spontanément d’autres aptitudes sensorielles qui viendront pallier, un temps, l’absence d’audition et qui tromperont les personnes de son entourage.

Je ne suis pas sourd(e). Mon enfant peut-il l’être ?
Oui. Dans 95% des cas, l’enfant sourd est né dans une famille entendante. La cause de 70% des cas de surdité est d’ordre génétique, souvent sans aucun antécédent familial de surdité. Pour les autres cas, la surdité peut résulter de facteurs survenus pendant la grossesse (infection par le virus de la rubéole, cytomégalovirus, herpès, toxoplasmose, …) ou au moment de la naissance (prématurité, poids à la naissance inférieur à 1500 grammes, oxygénation insuffisante, …). Enfin, dans la petite enfance, des infections par méningite, rougeole ou oreillons, ou encore l’administration de substances médicamenteuses ototoxiques peuvent générer des déficiences auditives.

Pourquoi proposer un test de dépistage de la surdité à mon bébé ?
Le test peut déterminer que votre enfant ne rencontre actuellement aucun problème auditif ou, au contraire, mettre en évidence que votre enfant présente un trouble de l’audition. De nombreuses études scientifiques ont démontré que les futures capacités langagières de l’enfant sourd ne sont pas déterminées par le degré de surdité mais, bien au contraire, par la précocité du diagnostic et de la prise en charge. En effet, c’est au cours des deux premières années de sa vie que l’enfant développe tout son potentiel en termes d’apprentissage du langage et de la communication. Si votre bébé est pris en charge le plus rapidement possible, il aura toutes les chances de bénéficier d’un encadrement éducatif optimal et d’une meilleure intégration socioprofessionnelle. En tant que parent, vous disposerez aussi du temps nécessaire pour réfléchir et décider du meilleur encadrement possible pour l’avenir de votre enfant.

Où se pratique le test de dépistage de la surdité ?
Le test est réalisé dès la naissance, en maternité. Toutes les maternités de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont été invitées à participer, sur base volontaire, au programme de dépistage de la surdité chez les nouveau-nés. Actuellement, parmi les 47 maternités de la Fédération Wallonie-Bruxelles, presque toutes ont adhéré au programme. Pour connaître la liste des maternités pratiquant le test, cliquez ici. Si le test ne vous a pas été proposé avant votre retour à la maison, n’hésitez pas à contacter le service ORL de la maternité, ou un médecin ORL à l’extérieur.

Comment se déroule le test ? Mon enfant aura-t-il mal ?
Le test est réalisé dès le 3ème jour après la naissance. Rassurez-vous, votre enfant n’aura absolument pas mal. L’examen se pratique de préférence dans un environnement calme, avant l’heure du bain, après une tétée et lorsque votre enfant dort. Le conduit auditif de votre bébé doit être propre et libre.
La personne formée au test adapte un embout doux sur la sonde de l’appareil et la place dans le conduit auditif. Après quelques minutes, l’appareil fournit une réponse. N’attendez pas de votre nouveau-né qu’il manifeste une quelconque réaction; le test ne le dérangera absolument pas et est indolore.

Qui va pratiquer le test ?
Il peut s’agir, selon les maternités, d’un(e) puéricultrice, d’un(e) infirmier(ère), d'une sage-femme, d’un(e) logopède ou d’un(e) audiologiste. Dans tous les cas, le personnel désigné pour effectuer le test a reçu une formation sur l’utilisation du matériel.

Qu’est-ce qu’un test "refer", un test "pass" ?
Si l’appareil affiche le résultat "pass", vous pouvez considérer que votre enfant entend normalement. Par contre, si le résultat obtenu est "refer", un deuxième test devra avoir lieu, de préférence le lendemain. Dans ce cas, pas de panique immédiate : cela ne veut pas nécessairement dire que votre enfant présente un trouble auditif. Il se peut que les conditions de réalisation du test n’aient pas été optimales (présence de liquide dans le conduit auditif par exemple). Lors de ce deuxième examen, un médecin pédiatre ou un médecin ORL se tiendra à votre disposition en cas de confirmation d’un test positif.

Le deuxième test est positif. Que va-t-il se passer ?
Dans ce cas, votre bébé sera examiné par un médecin ORL endéans les quinze jours afin de confirmer ou d’infirmer un éventuel trouble de l'audition. Un enfant dont le deuxième test est "refer" peut présenter un plus grand risque de troubles auditifs mais ne sera pas nécessairement sourd. Si cependant un diagnostic de surdité est posé, le relais sera pris, selon votre choix, par l’un des centres de revalidation disponibles en Wallonie et à Bruxelles.

Combien cela va-t-il me coûter ?
Voir la rubrique "Tarif"

Les résultats du test sont-ils définitifs?
L’audition évolue avec le temps. Restez donc attentif à ce que votre enfant entende correctement quel que soit son âge. Même si le test ne décèle aucune surdité, n’hésitez pas à contacter votre médecin traitant ou un médecin ORL si vous pensez que les facultés auditives de votre enfant diminuent. En effet, certaines surdités peuvent se développer dans la première année de vie d'un enfant.

Quelles démarches entreprendre si mon enfant n’a pas reçu le test à la maternité ?
Contactez le service ORL de la maternité ou prenez rendez-vous chez un médecin ORL à l’extérieur de la maternité afin de réaliser le test de dépistage.

Mon bébé peut-il recevoir le test plus tard ?
Oui, le contrôle de l’audition peut être pratiqué quel que soit l’âge de l’enfant. Mieux vaut toutefois réaliser le test de dépistage de la surdité dès le plus jeune âge : dans les pays qui ne le pratiquent pas, la prise en charge de l’enfant sourd ne commence pas avant l’âge d’un an, voire de 18 mois. Cependant, une prise en charge tardive réduira l’efficacité de la prise en charge de l'enfant sourd.

Suis-je obligé d’accepter le test pour mon bébé ?
Non. La participation au test est volontaire. Si votre maternité s’est engagée dans le programme de dépistage de la surdité, elle vous le proposera systématiquement. Cependant, vous êtes en droit de le refuser. N’oubliez pas toutefois qu’un dépistage effectué le plus tôt possible offrira à l’enfant sourd un maximum de chances d’être pris en charge de manière optimale afin qu’il puisse se développer le plus harmonieusement possible.

Si mon enfant est dépisté très tôt, pourra-t-on guérir sa surdité ?
Malheureusement, votre enfant restera sourd mais le dépistage précoce élargira significativement le panel d’alternatives qui lui permettront de vivre de la façon la plus épanouie possible. Dès lors que l’on sait que l’acquisition du langage s’opère durant les deux premières années de la vie, une prise en charge précoce permettra un meilleur développement des capacités communicationnelles de votre enfant. Les conséquences sur les apprentissages scolaires et professionnels ainsi que sur l’épanouissement personnels n’en seront que plus positives.

Mon enfant est sourd. Comment communiquer avec lui ?
Votre enfant et vous-même devrez expérimenter et construire ensemble un mode de communication qui vous est propre. Reconnue depuis 2003 comme langue officielle par le parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, la langue des signes représente l’élément primordial en matière de développement intellectuel, social, linguistique et affectif de tout enfant sourd. La langue des signes possède un vocabulaire, une grammaire et une syntaxe propres. Très souple, elle permet d’inventer des signes selon les besoins communicationnels et permet l’accès à tous les niveaux d’abstraction.
Cette langue ne représente pas le seul vecteur de communication des personnes sourdes. La lecture labiale permettra également à votre enfant de comprendre son interlocuteur, même si l’on estime que seuls 30% du message sont réellement perçus, le reste étant interprété. Si, en tant que parent d’enfant sourd, vous ne maîtrisez pas la langue des signes, le français signé sera pour vous l’occasion d’entrer en communication avec votre enfant de manière visuelle; il s’agit en réalité du français parlé traduit en signes gestuels.

Mon enfant sourd pourra-t-il aller à l’école ?
Votre enfant aura la possibilité de fréquenter une école pour sourds, mais les portes de l’enseignement ordinaire lui seront également ouvertes. Quel que soit le réseau scolaire choisi, chacun possède ses propres avantages et inconvénients. Le fait de côtoyer, dans la journée, d’autres jeunes sourds peut avoir une influence positive sur l’estime de soi de votre enfant. L’intégration dans une classe de l’enseignement ordinaire, quant à elle, donnera à votre enfant la chance d’établir des relations avec des pairs entendants, ce qui lui permettra d’élargir et de diversifier son réseau social. Pour certains enfants intégrés dans l’enseignement ordinaire, l’école est un lieu de solitude car, en dehors des classes, le développement d’amitiés repose sur de nombreuses interactions verbales. Pour les accompagner, ils peuvent bénéficier de l’aide d’un interprète et d’un preneur de notes.
Chaque situation s’avère unique; le choix devra être posé en fonction des désirs et du ressenti de votre enfant et de vous-même.