Pourquoi dépister ?

La surdité
Quelques chiffres
Le test de dépistage
Et après ?


La surdité

En Belgique, un à deux enfants sur mille sont atteints de surdité sévère à profonde. Si l’on y ajoute les surdités partielles et légères, on atteint même le taux de trois à quatre enfants pour mille.

Dans 95% des cas, l’enfant sourd est né dans une famille entendante. La cause de 70% des cas de surdité est d’ordre génétique, souvent sans aucun antécédent familial de surdité. Pour les autres cas, la surdité peut résulter de facteurs survenus pendant la grossesse (infection par le virus de la rubéole, cytomégalovirus, herpes, toxoplasmose, …) ou au moment de la naissance (prématurité, poids à la naissance inférieur à 1500 grammes, oxygénation insuffisante, …). Enfin, dans la petite enfance, des infections par méningite, rougeole ou oreillons, ou encore l’administration de substances médicamenteuses ototoxiques peuvent générer des déficiences auditives.

Tous les enfants sourds possèdent un potentiel. De nombreuses études scientifiques ont clairement démontré que les futures capacités langagières de l’enfant ne sont pas déterminées par le degré de surdité mais, bien au contraire, par la précocité du diagnostic et de la prise en charge.

Quelques chiffres

  • 1 à 4 naissances pour 1000 : le taux de surdité unilatérale ou bilatérale, de légère à profonde à la naissance.
  • 1 à 2% : le taux de surdité bilatérale dans la population à risque de surdité. Toutefois, si on ne teste que les enfants à risque, seuls 50% des enfants sourds sont diagnostiqués!
  • 55.000 : le nombre de naissances en Fédération Wallonie-Bruxelles par an.

Le test de dépistage

Dès le troisième jour de vie de votre enfant, un test pratiqué en maternité permettra de s’assurer qu’il ne souffre d’aucun trouble de l’audition.

Rassurez-vous, votre bébé n’en sera aucunement dérangé ; l’examen est simple, rapide et ne procure aucune douleur. Il se pratique de préférence dans le calme, avant l’heure du bain, et lorsque votre enfant dort.

La technique utilisée, à savoir celle des otoémissions acoustiques provoquées, permet la mesure objective de la cochlée, l’organe d’audition qui se situe au sein de l’oreille interne.

Comment cela se passe-t-il concrètement ? Après avoir encodé le nom de votre enfant dans l’appareil, la personne formée au test place délicatement une sonde, protégée d’un embout doux, dans l’oreille de votre bébé. En quelques minutes, l’appareil fournit une réponse. Si cette dernière s’avère normale, votre enfant entend parfaitement. Dans certaines situations, il arrive que l’appareil ne signale aucune réponse. Dans ce cas, pas de panique immédiate : l’absence de réponse ne signifie pas nécessairement que votre enfant présente un trouble auditif. Il se peut que les conditions de réalisation du test n’aient pas été optimales. On veillera alors à effectuer un deuxième examen dès le lendemain. Si, lors de cette vérification, l’appareil n’affiche pas de réponse satisfaisante, un rendez-vous vous sera donné pour une consultation endéans les quinze jours et votre bébé sera examiné par un médecin ORL.

Vous êtes parent depuis peu et votre nourrisson n’a pas bénéficié du test de dépistage de la surdité avant votre sortie de la maternité ? Si un rendez-vous ne vous a pas été proposé en externe, n’hésitez pas à contacter le service ORL de la maternité, ou un médecin ORL. Pour connaître la liste des maternités engagées dans le processus, cliquez ici.

Combien vous coûtera le test ? L’intervention financière de la Fédération Wallonie-Bruxelles dans la réalisation du test de dépistage en limite le coût pour les parents. Ainsi, la maternité pourra vous réclamer de 0 à 10 € maximum pour réaliser l’examen auditif de votre bébé. Un grand nombre de mutuelles remboursent ce montant (voir liste ). Par contre, si votre enfant est référé chez un ORL pour une consultation (parce qu’il présente un facteur de risque de surdité notamment), la consultation et l’examen technique vous seront facturés séparément du test effectué à la maternité; ces montants sont partiellement remboursés par votre mutuelle.

N’oubliez pas que la surveillance de l’audition demande une vigilance constante. En effet, celle-ci peut varier avec le temps. Ainsi, même si le test n’a démontré aucun signe de trouble auditif chez votre enfant, n’hésitez pas à contacter votre médecin traitant ou un médecin ORL si vous avez l’impression que votre enfant manifeste un problème de l’audition.

Et après ?

Si le médecin ORL apte à poser un diagnostic de surdité atteste malheureusement la présence d’une déficience auditive, il importe que votre bébé soit pris en charge le plus rapidement possible. Il aura ainsi toutes les chances de bénéficier d’un encadrement éducatif optimal et d’une meilleure intégration socioprofessionnelle. Par ailleurs, un suivi rapide et pluridisciplinaire réduira les facteurs d’anxiété que vous pourriez rencontrer en tant que parent dans pareille situation.

Aujourd’hui, diverses solutions existent afin que votre enfant s’épanouisse dans les meilleures conditions de vie possibles. Pourtant, aucune réponse univoque ne peut être posée face à la surdité. Selon la personnalité de votre enfant, il sera possible de lui offrir un parcours qui lui est adapté et où diverses voies, évolutives et complémentaires, lui permettront de s’épanouir harmonieusement. Chaque enfant sourd dispose d’une capacité à discerner les sons qui les entourent. Certains développeront même un langage presque parfait.

Dès la pose du diagnostic, le relais sera pris, selon votre choix, par l’un des centres de revalidation disponibles en Wallonie et à Bruxelles.

Le signe, profondément évocateur de sens, permettra à votre enfant d’établir une communication avec les personnes autour de lui. Reconnue depuis 2003 comme langue officielle par le parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, la langue des signes représente l’élément primordial en matière de développement intellectuel, social, linguistique et affectif de tout enfant ou adulte sourd. La langue des signes possède un vocabulaire, une grammaire et une syntaxe propres. D’une grande souplesse, elle permet d’inventer des signes selon les besoins communicationnels et permet l’accès à tous les niveaux d’abstraction.

La langue des signes ne représente pas le seul vecteur de communication des personnes sourdes. La lecture labiale permettra également à votre enfant de comprendre son interlocuteur, même si l’on estime que seuls 30% du message sont réellement perçus, le reste étant interprété. Si, en tant que parent d’enfant sourd, vous ne maîtrisez pas la langue des signes, le français signé sera pour vous l’occasion d’entrer en communication avec votre enfant de manière visuelle ; il s’agit en réalité du français parlé traduit en signes gestuels.

Il conviendra également de trouver l’adaptation auditive convenant le mieux à votre enfant. Cette dernière favorisera le processus de maturation de ses voies auditives et l’exploitation de ses capacités perceptives. Le choix d’une prothèse se porte en principe d’abord sur une prothèse stéréophonique de type acoustique (‘contour d’oreille’) qui restituera en partie l’environnement sonore de votre enfant. Par la suite, si ce soutien auditif se révèle inefficace, l’indication d’une prothèse de type implant cochléaire sera évaluée. Cette technologie stimule directement le nerf auditif, resté intact dans la majorité des cas de surdité mais n’est pas recommandée dans toutes les situations.

En complément à la langue des signes et/ou à l’adaptation prothétique, votre enfant et vous-même devrez expérimenter plusieurs alternatives langagières afin de construire un mode de communication qui vous est propre.

Sachez qu’une prise en charge précoce offrira à votre enfant l’opportunité d’accéder à un bon usage du langage oral et écrit, ainsi qu’à un apprentissage de la langue des signes, et de contrer au maximum les conséquences de la surdité sur l’accès au langage, l’épanouissement personnel ainsi que sur les apprentissages scolaires et professionnels. Les deux premières années de la vie de votre enfant lui sont essentielles dans l’apprentissage de la langue et pour établir une communication la plus optimale.

Pour ceux qui souhaitent davantage d’informations sur les aspects scientifiques ou l’organisation du programme en Fédération Wallonie-Bruxelles, cliquez ici